Un printemps sans pesticides, c’est possible ! Et une Wallonie sans pesticides en 2050, est-ce possible ?

Une transition écologique est possible pour l’agriculture wallonne, c’est une question de choix ! Vue sur une étude de l’Earth and Life Institute de l’UCL sur les différents paysages agricoles que pourrait revêtir la Wallonie à l’horizon 2050.

Face aux enjeux environnementaux et climatiques actuels et à venir, le Ministre wallon de la Transition Ecologique a confié à l’Earth and Life Institute de l’UCL une vaste étude confirmant l’intérêt d’une transition environnementale de notre modèle agricole.

Cette étude est tout d’abord une source d’informations clés sur la situation actuelle de l’agriculture wallonne. Elle nous offre également une vision prospective des différents chemins de transition possibles pour la Wallonie et son agriculture en termes d’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques. La force de cette étude réside notamment dans le fait qu’elle a été réalisée avec la contribution des acteurs eux-mêmes.

Les rapports complets sont disponibles et téléchargeables ci-dessous

Après avoir tiré les enseignements généraux suivants sur les conséquences environnementales et économiques d’une conversion de l’agriculture wallonne vers un modèle à faible apport d’intrants:

  1. La Wallonie produit largement assez de nourriture pour nourrir sa population ;
  2. Pas de perte d’emploi : 8 % d’emplois créés dans les scénarios à faibles intrants ;
  3. Un environnement beaucoup mieux préservé dans les scénarios à bas intrants ;
  4. Moins de dommages à la santé humaine et une facture en soins de santé diminuée ;
  5. Gain de valeur ajoutée brute dans le scénario à bas intrants ;
  6. Une valeur ajoutée réelle plus élevée.

L’équipe de l’Earth and Life Institute s’est penchée plus spécifiquement sur l’évaluation de la pertinence et de la faisabilité d’une transition de 4 filières spécifiques, pommes de terre, céréales, lait et viande bovine, vers des modèles utilisant moins d’intrants chimiques.

Les leçons à tirer de ce travail colossal sont multiples. Le territoire wallon a de nombreux atouts, que ce soit en termes de qualité des produits alimentaires qui en sont issus, en termes environnementaux (paysages, ressources hydriques, biodiversité…), ou encore en termes scientifiques et technologiques. Malgré ces atouts, l’agriculture wallonne se trouve aujourd’hui face à des défis de taille. L’étude dont il est question ici nous permet de mesurer objectivement l’ampleur de cette fragilité.

Sa fonction nourricière est fragilisée. L’étude de l’UCL fait par exemple le constat que seuls 9% de la production céréalière wallonne est destinée à l’alimentation humaine. Ces 9% représentent un taux de couverture des besoins en céréales pour l’alimentation humaine en Région wallonne et en Région de Bruxelles-capitale de 34%.

Sa fonction économique et sociale est également fragilisée lorsque par exemple, on observe la diminution du nombre d’exploitations en Wallonie. Pour le cas des céréales, le nombre d’exploitations productrices de céréales a diminué de 25% entre 2000 et 2015.

Enfin, et c’est bien le cœur de cette étude, la fragilité de son rôle environnemental et paysager est également observée. L’étude souligne :

  • la diminution des surfaces de prairies wallonnes : Si on ne change rien et qu’on laisse évoluer le système selon la tendance actuelle, en 2050, la surface des prairies aura reculé de 30%.
  • la quantité de pesticides utilisés pour certaines cultures : la culture de pomme de terres couvre actuellement 5% de la surface agricole wallonne. Ces 5% de surface représentent 30% de la quantité de pesticides utilisés en agriculture.

Des scenarios de transitions sont proposés dans cette étude à l’horizon 2050. Ceux-ci, permettent une diminution importante de l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques ainsi qu’une sauvegarde de nos prairies.

Sur base de ces informations, nous ne pouvons plus dire que nous ne savions pas, que nous n’avions pas le choix. Les indicateurs sont clairs, les balises sont en notre possession. La Wallonie doit anticiper sa transition et se montrer pionnière d’une production agricole porteuse d’avenir pour préserver notre santé, notre alimentation mais également la qualité de l’air, des sols, ou encore, nos ressources en eau.

Vous souhaitez télécharger les rapports ? Les voici ci-après :